article sante

Notre mode de vie : Un monde de discordance

La dysévolution, ou quand la modernité met notre santé à l’épreuve

Absentéisme, maladies chroniques, désengagement, stress… Ces signaux faibles ne sont pas seulement individuels : ils traduisent une discordance entre nos organisations et notre biologie.

En s’appuyant sur la célèbre citation de Dobzhansky – « Rien en biologie n’a de sens sauf à la lumière de l’évolution » – et les travaux de Daniel Lieberman sur la dysévolution, cet article propose une lecture stratégique des risques et de la performance humaine dans nos entreprises.

👉 Nos environnements professionnels et nos modes de vie évoluent plus vite que nos capacités d’adaptation biologique. Cette dysévolution contribue à la chronicisation des maladies, fragilise la santé mentale et impacte directement la performance durable et la résilience organisationnelle.

💡 La solution ne se limite pas à traiter les symptômes : elle passe par une stratégie proactive intégrant la santé globale comme levier de prévention, de performance et de transformation durable.

Découvrez comment le diagnostic RAICE de Naceol transforme cette compréhension scientifique en expérience collective, permettant à vos équipes de développer leur pouvoir d’agir, leur autonomie et leur engagement.

👉 Un article à lire pour les décideurs qui veulent anticiper plutôt que subir et intégrer la santé comme facteur stratégique de valeur.

Comprendre pour mieux agir

Comprendre pour mieux agir : c’est l’ambition de cet article. Il vise à expliciter le socle conceptuel et le référentiel de Naceol en matière de santé globale active, en s’appuyant sur deux piliers majeurs de la pensée scientifique contemporaine :

Ces deux approches offrent une grille de lecture puissante pour comprendre les paradoxes actuels de nos sociétés.

Le premier est la célèbre citation du biologiste évolutionniste Dobzhansky : « Rien en biologie n’a de sens sauf à la lumière de l’évolution. »

Le second repose sur les travaux de Daniel Lieberman, professeur à Harvard, figure majeure de la médecine évolutionniste, et en particulier sur son concept de dysévolution, largement développé dans son ouvrage « L’histoire du corps humain » et dans ses conférences (notamment celles données au Collège de France / liens ci-dessous).

Ces deux approches offrent une grille de lecture puissante pour comprendre les paradoxes actuels de nos sociétés.

Quand l’évolution éclaire nos vulnérabilités modernes

1. « Rien en biologie n’a de sens sauf à la lumière de l’évolution »

Par cette phrase devenue fondatrice, Dobzhansky rappelle que l’évolution constitue le principe central d’intelligibilité du vivant. La diversité des espèces, leurs similitudes génétiques, embryologiques ou physiologiques, ainsi que leurs capacités d’adaptabilité (notion de robustesse), ne prennent sens que si l’on considère leur histoire évolutive commune, façonnée par la sélection naturelle, les contraintes environnementales et les compromis adaptatifs. Elle permet également de dépasser une vision simpliste de la maladie, non pas comme une anomalie isolée, mais comme l’expression d’une interaction complexe entre une biologie héritée et un environnement donné.

2. La dysévolution selon Daniel Lieberman : la discordance moderne

Daniel Lieberman prolonge ce raisonnement dans le champ de la santé en introduisant le concept de dysévolution. Il décrit une situation dans laquelle nos corps, façonnés par des millions d’années d’évolution, ne sont plus adaptés aux environnements culturels, sociaux et technologiques que nous avons créés en quelques siècles. Nos organismes se sont construits pour des contextes caractérisés par une activité physique quotidienne, une alimentation peu transformée, une forte interaction sociale, une exposition limitée aux polluants et aux excès de confort. Or, l’agriculture, l’industrialisation, la sédentarité, l’ultra-transformation alimentaire et l’hyper-technologisation ont profondément modifié ces conditions.

👉 Résultat : un « mismatch » évolutif (discordance) entre nos gènes anciens et nos modes de vie actuels.

Lieberman montre que plusieurs dizaines de maladies chroniques modernes (obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, ostéoporose, troubles musculo-squelettiques, problèmes dentaires, etc.) s’expliquent largement par cette inadéquation évolutive, confirmée par de nombreuses publications en médecine évolutionniste et en santé publique.

3. Une dynamique pernicieuse : traiter les symptômes plutôt que les causes

La dysévolution ne se limite pas à un constat biologique. Elle décrit une dynamique systémique : nous corrigeons les conséquences (médicaments, soins, dispositifs correctifs) sans transformer les déterminants profonds liés à nos comportements et à nos environnements.

La citation de Dobzhansky permet ici de comprendre que ces vulnérabilités ne sont pas des « défauts » du corps humain, mais le résultat de compromis évolutifs anciens (bipédie, architecture cardiovasculaire, bassin, colonne vertébrale) qui deviennent pathogènes dans des contextes modernes inadaptés.

La santé globale s’impose alors comme l’étude systémique de ces discordances, à l’échelle des individus, des organisations, des sociétés et des écosystèmes.

4. Agir : une pédagogie évolutionniste de la santé

Pour Daniel Lieberman, la solution ne réside pas dans un retour nostalgique au passé, mais dans une pédagogie évolutionniste capable de redonner du sens à l’action :

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le diagnostic RAICE proposé par Naceol. Bien plus qu’un atelier, il s’agit d’une expérience humaine et collective qui éveille la conscience autour de la santé globale et du pouvoir d’agir.

À travers des jeux interactifs et 80 questions inspirées des définitions de l’OMS, les participants explorent les 8 déterminants personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui façonnent leur santé, leur qualité de vie et leurs conditions de travail. Le dispositif se vit en demi-journée ou en journée, en petits groupes, et vise le développement de 5 compétences comportementales et sociales clés :

Responsabilité – Autonomie – Initiative – Coopération – Engagement.

Conclusion – La santé globale à la lumière de l’évolution

En définitive, « Rien en biologie n’a de sens sauf à la lumière de l’évolution » fournit le principe général de compréhension, tandis que la dysévolution décrit la situation contemporaine où cette histoire évolutive entre en conflit avec nos environnements modernes. La dysévolution est ainsi la traduction concrète, en santé globale, de ce que la pensée évolutionniste implique : une lecture systémique des paradoxes actuels – vivre plus longtemps, mais moins longtemps en bonne santé.

Daniel Lieberman nous rappelle que nombre de ces pathologies sont évitables, à condition de repenser nos modes de vie, nos organisations et nos politiques de santé à la lumière de l’évolution.

Et en cette année dédiée à la santé mentale, cette réflexion trouve un écho particulier dans les mots du philosophe Jiddu Krishnamurti :

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade. »

Peut-être est-il temps, collectivement, de cesser de nous adapter à des environnements pathogènes… et de recommencer à prendre soin de l’Homme et des communs.

Article rédigé par Olivier Maier de Naceol, membre de la Commission Santé.

RAPPEL - Les travaux de la Commission Santé de L'UNIRV

UNIRV : agir sur la santé globale des dirigeants


Consciente de ces enjeux, l’UNIRV a fait de la Santé Globale du dirigeant et de ses collaborateurs un axe structurant de son accompagnement depuis plusieurs années.

C’est dans cette dynamique qu’a été créée la commission Santé de l’UNIRV, dont la mission est double :
– sensibiliser les dirigeants à la santé socio-économique,
– favoriser une prise de conscience collective menant à des actions concrètes en matière de santé, de qualité de vie et de conditions de travail

Tags: No tags

Comments are closed.