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Les compétences font avancer, les capacités font durer

Quand santé globale, autodétermination et robustesse deviennent des enjeux de gouvernance

Dans un monde VICA (Volatil, Incertain, Complexe, Ambigu), la performance des organisations ne peut plus se réduire à des indicateurs financiers. Les directions générales et DRH sont confrontées à des enjeux systémiques : stabilité des collectifs, conservation des talents, adaptabilité et maîtrise des risques humains.

La santé globale active apparaît comme un levier stratégique pour une performance durable. Au cœur de cette approche : la notion de capacités humaines, bien plus qu’un savoir-faire ou un talent inné. Ce sont des pouvoirs d’agir vivants et évolutifs, mobilisables dans la vie quotidienne et en situation professionnelle, qui structurent la robustesse et l’adaptabilité des organisations.

Pourquoi les capacités comptent-elles ?

  • Elles soutiennent les besoins fondamentaux (physiologiques, émotionnels, cognitifs) et l’autodétermination.
  • Elles renforcent la robustesse des systèmes humains, à l’instar des principes de la biologie et de la médecine évolutionniste.
  • Elles permettent de transformer le potentiel humain en action concrète, responsable et durable.

Pour les dirigeants et DRH, investir dans les capacités humaines signifie :

  • Soutenir l’engagement, l’initiative et la coopération.
  • Préserver l’autonomie et le pouvoir d’agir des collaborateurs dans le temps.
  • Renforcer la stabilité et la résilience organisationnelle, même face à l’incertitude.

💡 La performance durable ne se décrète pas : elle se cultive, à travers des systèmes vivants capables de s’ajuster, d’apprendre et de durer.

Réduire l’instabilité du monde VICA : le rôle clé de la Santé Globale Active

Dans un monde qualifié de VICA (Volatil, Incertain, Complexe, Ambigu), la performance des organisations ne peut plus être réduite à des indicateurs financiers de court terme. Les directions générales sont désormais confrontées à des enjeux systémiques : stabilité des collectifs, conservation des talents, capacité d’adaptabilité, maîtrise des risques humains et organisationnels.

Dans ce contexte, la santé globale s’impose progressivement comme un levier stratégique de performance durable. La notion de capacités, centrale dans la définition des compétences de vie (life skills) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), offre une clé de lecture particulièrement éclairante pour les décideurs. Elle invite à dépasser une vision instrumentale des compétences pour s’intéresser à ce qui rend un système humain, individuel et collectif, réellement adaptable et robuste.

De quoi parle-t-on réellement lorsque l'OMS évoque des « capacités » ?

L’OMS définit les compétences de vie comme « la capacité d’une personne à faire face efficacement aux exigences et aux défis de la vie quotidienne, et à maintenir un état de bien-être en interaction positive avec les autres et son environnement ». Le terme capacité, volontairement répété, n’est pas anodin. Il ne désigne ni un simple savoir-faire, ni un talent inné, mais un pouvoir d’agir vivant, contextualisé et évolutif.

1. Les capacités comme fondement de la santé globale et des besoins humains

À la lumière de la pyramide de Maslow, les capacités apparaissent comme le socle fonctionnel permettant la satisfaction durable des besoins humains

  • Sans capacités physiologiques suffisantes (Récupération et sommeil, activité musculaire te cardio vasculaire, alimentation et hydratation, régulation du stress, homéostasie), les besoins de sécurité sont fragilisés.
  • Sans capacités émotionnelles et relationnelles, les besoins d’appartenance et d’estime se dégradent.
  • Sans capacités cognitives, motivationnelles et réflexives, l’accomplissement et l’autodétermination deviennent inaccessibles.

La santé globale active ne vise donc pas uniquement l’absence de pathologie, mais le développement continu des capacités permettant à l’individu de répondre aux exigences croissantes de son environnement professionnel et sociétal.

2. Une lecture évolutionniste : de la dysévolution à la robustesse

La célèbre citation du biologiste évolutionniste Theodosius Dobzhansky — « Rien en biologie n’a de sens si ce n’est à la lumière de l’évolution » — trouve une résonance particulière dans le champ de la santé au travail. La médecine évolutionniste met en évidence un phénomène de dysévolution : nos environnements modernes évoluent plus vite que nos capacités biologiques et psychosociales d’adaptabilité. Stress chronique, sédentarité, surcharge cognitive et perte de sens affaiblissent les systèmes humains.

Dans cette perspective, développer les capacités humaines revient à réaligner les organisations avec le fonctionnement du vivant. Comme le souligne le biologiste Olivier Hamant, un système vivant performant n’est pas un système optimisé à l’extrême, mais un système robuste, c’est-à-dire capable de fonctionner malgré les perturbations les fluctuations. Les capacités cognitives, émotionnelles, physiologiques, sociales constituent précisément les mécanismes de robustesse des organisations.

3. Capacité, autodétermination et pouvoir d'agir

Les travaux de Deci et Ryan sur la théorie de l’autodétermination montrent que la performance durable repose sur la satisfaction de trois besoins psychologiques

fondamentaux : autonomie, compétence et relation. Or, ces besoins ne peuvent être satisfaits sans capacités effectives :

  • Capacités cognitives pour analyser, décider, anticiper.
  • Capacités émotionnelles pour réguler le stress, coopérer et faire face à l’incertitude.
  • Capacités physiologiques et neurobiologiques pour disposer de l’énergie nécessaire à l’engagement et à l’apprentissage.

Une capacité se cultive, se renforce par l’expérience, le feedback, l’entraînement et la qualité de l’environnement de travail. Elle n’existe que lorsqu’elle peut être mobilisée en situation réelle, ce qui engage directement la responsabilité managériale et organisationnelle.

Conclusion – Investir dans les capacités humaines : un choix stratégique de gouvernance

Pour une direction générale, la santé globale active n’est ni un sujet périphérique ni un simple enjeu de qualité de vie et conditions de travail (QVCT). Elle constitue un levier central de performance durable, au sens systémique du terme :

  • Performance car elle soutient l’engagement, l’initiative, la responsabilité et la coopération.
  • Durable car elle préserve l’autonomie des ressources humaines dans le temps.
  • Stratégique car elle renforce la stabilité, la maîtrise des risques et la capacité d’adaptabilité dans un monde VICA.

Développer les capacités humaines, c’est reconnaître que la performance organisationnelle repose avant tout sur des systèmes vivants capables de s’ajuster, et non sur une optimisation excessive des individus. C’est aussi assumer une vision de la gouvernance qui articule santé globale, sens, robustesse et responsabilité, au service de l’Homme et des Communs.

Article rédigé par Olivier Maier de Naceol, membre de la Commission Santé.

RAPPEL - Les travaux de la Commission Santé de L'UNIRV

UNIRV : agir sur la santé globale des dirigeants


Consciente de ces enjeux, l’UNIRV a fait de la Santé Globale du dirigeant et de ses collaborateurs un axe structurant de son accompagnement depuis plusieurs années.

C’est dans cette dynamique qu’a été créée la commission Santé de l’UNIRV, dont la mission est double :
– sensibiliser les dirigeants à la santé socio-économique,
– favoriser une prise de conscience collective menant à des actions concrètes en matière de santé, de qualité de vie et de conditions de travail

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