6

Bien-être au travail : un oxymore ?

Le “bien-être au travail” est partout dans les discours RH. Et si l’on regardait le travail tel qu’il est structuré aujourd’hui ?

Cette expression révèle une contradiction majeure :

· Le bien-être repose sur l’équilibre du vivant, la capacité à s’adapter et à se régénérer.

· Le travail moderne produit stress, surcharge cognitive, sédentarité, et contribue aux déséquilibres planétaires de l’Anthropocène.

Aussi, demander à un collaborateur d’être « bien » dans un système qui le dégrade est un oxymore.

La solution ?

Repousser les limites du management classique et faire de l’entreprise une institution de santé globale active !

Un lieu

de promotion, d’éducation et d’adhésion à la santé,

Un acteur

de socialisation durable et de responsabilité sociétale,

Un espace

où performance rime avec préservation du vivant.


Pour les DG et DRH, il s’agit d’un enjeu stratégique :
Allier engagement, résilience et performance durable en réconciliant le travail avec le vivant.

 

Découvrez l’article complet pour comprendre comment passer de l’illusion du “bien-être au travail” à la santé globale active.

Visuel prise de Reality Sandwich

👉  Santé globale active et contradiction du “bien-être au travail” : une réflexion ancrée dans le vivant et l’Anthropocène

L’expression « bien-être au travail » constitue aujourd’hui une norme institutionnelle. Pourtant, à la lumière de la biologie évolutive, de la philosophie des sciences et des théories de la durabilité, cette expression révèle une contradiction structurante.

Comprendre cette contradiction permet d’ouvrir un cadre nouveau : celui de la santé globale active comme responsabilité organisationnelle.

Bien-être et vivant : une cohérence dynamique

Le concept de bien-être est cohérent avec la santé globale, entendue comme un système de boucles de rétroaction (Bertalanffy, 1968). Il s’inscrit dans une logique d’homéostasie et d’adaptation permanente. Étienne Klein rappelle que l’humain est un « terrien » au sens fort, constitué par et dépendant des conditions biophysiques terrestres (Klein, 2019). Le bien-être, dans cette perspective, est une propriété du vivant en équilibre.

Le travail moderne comme structure dysévolutive

Le travail contemporain, issu de la révolution industrielle, s’inscrit dans une logique d’extraction, de compétition, d’accélération et d’optimisation (Rosa, 2010 ; Boltanski & Chiapello, 1999). Il est identifié comme un moteur des déséquilibres de l’Anthropocène (Crutzen, 2002 ; IPBES, 2019).

Du point de vue de la biologie évolutive, Daniel Lieberman (2013) décrit comment nos environnements modernes produisent des “mismatches” (en français Discordance) entre nos besoins biologiques ancestraux et nos modes de vie industrialisés. Ces « mismatches » engendrent des phénomènes de dysévolution : maladies métaboliques, sédentarité, stress chronique, surcharge cognitive.

L’oxymore “bien-être au travail”

Dans ce contexte, l’expression « bien-être au travail » est oxymorique. Le bien-être vise la préservation du vivant ; le travail moderne contribue à sa dégradation. Demander à un individu d’être « bien » dans un système qui produit des déséquilibres systémiques revient à lui demander de s’ajuster à ce qui le détériore. Cette tension est documentée dans les travaux sur les risques psychosociaux (Dejours, 2009), l’écologie politique du travail (Gorz, 1988) et l’écologie du comportement (Lieberman, 2013).

L’entreprise comme institution de santé globale active

Pour dépasser cette contradiction, l’entreprise doit devenir une institution éducative (Nonaka & Takeuchi, 1995), un espace de socialisation durable (Visser, 2010) et un acteur de santé publique élargie. Les travaux sur la durabilité organisationnelle (Elkington, 1997), la santé organisationnelle (Cooper & Cartwright, 1994), la responsabilité sociale (Carroll, 1991) et la Green HRM (Renwick et al., 2013) montrent que les organisations peuvent transformer structurellement leurs pratiques pour favoriser des environnements compatibles avec le vivant.

Conclusion

Le futur du travail passe par la santé globale active : une manière de penser et d’agir qui aligne les conditions du vivant, les besoins humains et la performance durable. Il ne s’agit plus de produire du bien-être dans le travail, mais de réconcilier le travail avec les conditions du vivant.




RAPPEL - Les travaux de la Commission Santé de L'Unirv

UNIRV : agir sur la santé globale des dirigeants

Consciente de ces enjeux, l’UNIRV a fait de la Santé Globale du dirigeant et de ses collaborateurs un axe structurant de son accompagnement depuis plusieurs années.
C’est dans cette dynamique qu’a été créée la commission Santé de l’UNIRV, dont la mission est double :
– sensibiliser les dirigeants à la santé socio-économique,
– favoriser une prise de conscience collective menant à des actions concrètes en matière de santé, de qualité de vie et de conditions de travail.

L’Observatoire de la Santé : mesurer pour mieux agir

Pour aller plus loin, la commission Santé porte aujourd’hui un projet ambitieux :
l’Observatoire de la Santé globale des dirigeants sur le territoire voironnais.
Son objectif est clair :
👉 donner la parole directement aux dirigeants, afin de mieux comprendre leur réalité, et celle de leurs équipes, et d’agir de manière pertinente et durable.
Cet observatoire s’appuie sur un questionnaire confidentiel explorant les six dimensions corrélées de la Santé Globale.
En mesurant collectivement ces dimensions, l’UNIRV souhaite disposer d’indicateurs concrets pour nourrir la réflexion, orienter les actions futures et contribuer à renforcer les entreprises du territoire.

Tags: No tags

Comments are closed.