Me revoilà devant une page blanche.
Enfin… une nouvelle page blanche. Je vous rassure, je n’avais pas conservé la précédente, celle de l’édito en tant que président de l’asso de Centr’Alp, pendant cinq ans dans un tiroir. Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts… et me voilà aujourd’hui président de l’UNIRV.
Pour ceux qui ne me connaissent pas, une présentation s’impose.
Philippe. Un prénom qui signifie « celui qui aime les chevaux ». Schutz, qui étymologiquement , en langue teutonne, signifie la protection, ou par extension l’archer. Une excellente base pour présider une association : avancer au galop tout en gardant un œil sur le troupeau. Né en 1966 – un excellent millésime, paraît-il, pour les Bordeaux – en Alsace, je sais donc cuisiner les deux choucroutes et le Baeckeoffe!
J’ai ensuite passé près de vingt ans en Bucco-Rhodanie (dept 13, chef lieu Marseille BB), avec ma première expérience entrepreneuriale d’informaticien industriel en 1989, avant de poser mes valises à Voiron en 2018. De ce parcours, j’ai gardé un mélange qui me ressemble : un côté rigoureux hérité de mes origines et une ouverture d’esprit nourrie par le Sud.
Je dirige aujourd’hui trois entreprises de génie électrique – SP2e, Network Services et Realiss – représentant 75 collaborateurs, implantées à Eybens et Voiron, qui adressent l’industrie et le tertiaire avec des projets allant jusqu’à 3M€ mais aussi beaucoup d’activités de services. Autant dire que, professionnellement, je branche pas mal…
Mais l’entreprise n’a jamais été mon seul terrain d’engagement. Sapeur-pompier, Croix-Rouge, écrivain public, implications associatives diverses… J’ai toujours pensé que l’on grandissait davantage en faisant grandir les autres. Lorsque l’on m’a proposé de rejoindre le conseil d’administration de l’UNIRV, la réponse était presque une évidence. Aujourd’hui, en acceptant la présidence, cette conviction est intacte.
Pourquoi l’UNIRV ? Parce qu’une association comme la nôtre rappelle une évidence que notre époque oublie parfois : face à un individualisme grandissant, le collectif reste une formidable force. Ici, les valeurs ne sont pas affichées pour décorer un mur. Elles se vivent. Elles se partagent. Elles créent ce lien indispensable entre les femmes et les hommes qui entreprennent.
Et puis il y a l’équipe. Les administrateurs, le bureau, les trois drôles de dames (pour ceux qui ont la réf j’ai toujours eu un faible pour Farah Fawcet!) qui font vivre l’association au quotidien, les bénévoles, les adhérents… Tous ont en commun une énergie et une générosité qui me donnent parfois envie de rebaptiser les entrepreneurs… en « entredonneurs ».
Quant à la vision, elle est finalement assez simple. Comme le disait, je crois, Alain Afflelou… ou Ray Charles – j’hésite encore entre ces deux grands philosophes – la vision est essentielle. Surtout quand on conduit une entreprise, une association.. ou une voiture
Je rêve d’une UNIRV toujours plus ouverte, toujours plus utile, toujours plus attirante. Une association qui favorise les rencontres, crée des opportunités, accompagne les entrepreneurs, défend les valeurs qui nous rassemblent et fait rayonner notre territoire. Une association où chacun trouve du soutien autant que des idées, des partenaires autant que des relations.
J’avais bien imaginé pour lancer ce mandat par ériger, en face de la « cathédrale », une statue monumentale à mon effigie, en marbre (j’étais parti sur un 5m de haut, histoire que cela ait un peu de gueule) me représentant, tel un athlète des olympiades passées, le regard portant au loin et haut, un doigt pointé sur l’horloge majestueuse de l’église , l’autre bras au-dessus de la tête et de la bouche ouverte, tenant un glaive sur lequel est gravé le mot Travail, symbolisant par son titre notre point commun : »L’avaleur Travail » !. Les membres du bureau m’ont gentiment expliqué que le budget risquait d’être un peu juste. Nous allons donc commencer plus modestement : en continuant à faire grandir le réseau.
Parce qu’au fond, l’UNIRV, c’est un peu comme un carré de chocolat Bonnat ou Chappaz, un verre de Chartreuse, un coco-choco de Louvat ou une belle rencontre professionnelle : on y goûte… et très vite on comprend qu’il faut être réseau.
Alors continuons à rêver, à entreprendre et surtout à avancer ensemble.
Après tout, UNIRV pourrait presque vouloir dire : Unis et Rêves.
Philippe Schutz, Président de l’UNIRV


